En route pour un week-end à Almaty avant le retour sur Paris. Cette ville, fondée en 1854 par les russes à l’emplacement d’une ancienne oasis située sur la route de la soie, s’étend, nonchalante au pied du massif des Zailiysky Alatau, derniers contrefort, au nord, de l'Himalaya. A l’origine dénommée Alma Ata (père des pommes), elle devint Almaty en 1991 lors du démembrement de l’URSS. Pour rejoindre Almaty, outre les inévitables 3h de voitures sur la route entre le site et la première ville décente, Shimkent, nous optons cette fois pour le train de nuit pour rejoindre Almaty. Deux options s’offrent à nous, le vieux train russe ou le train espagnol, plus moderne… 4h30 de différence entre les deux, je vous laisse deviner dans quel sens ! Quand je dis ça aux collègues kazakhes, ils me répondent "mais pourquoi? Il y a l'avion!". En effet, mais dans l'avion il n'y a pas la petite babouchka qui te vend sa cuisine ! Ahhhh, les touristes... Nous arrivons à la gare de Shimkent assez tôt pour faire quelques courses auprès des nombreuses vendeuses qui, réparties tout au long des quais, proposent de tout. Une babouchka nous propose ainsi quelques oignons que nous dégusterons avec nos bières !
On a en effet chargé la tablette du compartiment de bières… après un peu plus d’un mois, j’ai le gosier sec, marre de l’eau minérale ! Aussitôt installés dans le compartiment, nous attaquons l’apéro. On sera très vite rejoint par 2 français en ballade croisés dans le couloir du wagon. Ils sont expats à Séoul et ont pris des vacances en Asie Centrale.
Certes, il faudra 17h pour rejoindre Almaty mais ce vieux train russe est très agréable par son intérieur chaleureux, fait de moquettes, de formica et de boiseries. Cette atmosphère au parfum nostalgique me rappelle un peu un autre vieux train, le Lunatic Express entre Mombasa et Nairobi. Dans chaque wagon, un steward s’occupe des passagers et tient en permanence de l’eau bouillante dans une vielle chaudière à bois. On peut ainsi déguster le tchaï (le thé) à toute heure. Après le dîner dans le wagon restaurant, fait de borsch (soupe aux choux, si si…) et de bières (bein, là, on s’est un peu lâchés !), nous rejoignons nos compartiments pour cuver… Mais avant de se coucher, les vendeuses de peaux et fourrures montées à la dernière station viennent nous démarcher... Bonne partie de fou rire avec elle et je repars avec une toque pour l'hiver (encore un touriste qui s'est fait avoir !).
Je partage mon compartiment avec un kazakhe, déjà endormi quand j’arrive. Je plonge assez vite dans une torpeur, tranquillement bercé par le takatak irréguliers des roues sur les rails un peu disjoints, avant d’être réveillé par mon voisin qui ronfle comme un sonneur (j’sais pas d’où ca vient c’t’expression mais j’aime bien la formule) dès que le train s’arrête. Une chance que ca ne soit pas quand on roule ! C’est le genre de co-turne pratique si tu ne veux pas louper ton arrêt en pleine nuit… Je me rendors vite en priant qu’il n’y ait pas trop d’arrêts…
L’arrivée à Almaty vers 9h du matin est un peu brumeuse malgré un grand soleil dans un ciel bleu… Après être passés au bureau et une réunion avec des géologues kazakhes, on se retrouve avec qqs collègues dans un restaurant géorgien où l'on se régalent de plats traditionnels tout en préparant le programme du week-end. Jaenna, interprète parlant parfaitement l’anglais se joint à nous. Ce sera donc shopping (dont le Tsum, énorme « BHV » à la russe), sauna samedi soir et ballade à la montagne dimanche !
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